| Le Second Empire et le système La Hitte. Si le système Valée ne profite guère des progrès balistiques procurés par les tubes rayés, l’arrivée au pouvoir du prince Louis-Napoléon amena quelques changements. En 1850, il fit présenter au Comité d’artillerie son projet de système d’artillerie et en 1853, est adopté le canon - obusier de 12 modèle 1853 sur un affût de 8 qui sera connu sous le nom de « canon de l’Empereur ». Il remplace toutes les pièces de campagne (canons de 8 et de 12 ainsi que les deux obusiers du système Valée) et peut tirer le boulet plein, l’obus creux, l’obus à balles et la boîte à mitraille. Le Comité d’Artillerie présidé par le général de La Hitte se tourne vers le système proposé en 1847 par le capitaine d’artillerie Tamisier dont l’obus oblong (et non plus sphérique) comporte des ailettes prenant les rayures lors du chargement de la pièce par la bouche. C’est en mars 1858, que le système de matériel rayé est adopté sous le nom de « Système La Hitte ». Ces pièces ont un tir réglé pour 3000 mètres et trois sortes de projectiles : l’obus ordinaire, l’obus à balles et la boîte à mitraille. Cependant, ce matériel se charge toujours par la bouche avec une fusée ne permettant l’éclatement en l’air qu’à deux distances alors que les Prussiens disposent déjà d’un canon rayé se chargeant par la culasse et d’une fusée réglable à volonté. C’est encore en 1858 qu’est adopté un canon rayé de 4 (calibre exprimé en kilogrammes et non plus en livres) auquel s’associe l’obus Tamisier comportant deux couronnes d’ailettes en zinc qui correspondent aux rayures du canon. Le canon-obusier de 12 et les canons de siège et de place de 12, 16 et 24 sont conservés après avoir été rayés. Des pièces nouvelles telles que les canons de 4 et de 12 de campagne ; les canons de 12 et de 24 de siège ; les canons de 12, 24 et 30 de place et de côtes ; le canon de 4 de montagne sont adoptés et font leurs preuves durant la campagne d’Italie. | |