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Obus sphérique & fusée percutante au XIXe siècle.
Développement et usage dans la marine française
Le boulet est le projectile principal même si le boulet creux (obus) était en service pour toutes les bouches à feu. Ils utilisaient une fusée en bois à composition fusante (fig.1).
En 1837-1838, la Commission fit quelques tests sur la combustion de ces fusées dans le canon-obusier de 30: fonctionnement aléatoire et irrégulier. De telles fusées semblaient convenir bien peu à un usage contre les navires, aussi cherchait-on depuis longtemps à produire l'éclatement au choc sur l'obstacle. Mais le problème est difficile à résoudre: le choc se produisait par un point quelconque de la surface du projectile. Le colonel Jure, de l'artillerie de Marine, étudiait la question depuis près de dix ans lorsqu'en 1834, il réussit à faire adopter ses mécanismes. Tige de fer qui sous le choc venait frapper une amorce. Bien que devant éclater quel que fût le point frappé, les projectiles n'en étaient pas moins munis d'une queue directrice en filin destiné à les orienter pour que le choc se produise, si possible, sur la tête de la fusée. Le fonctionnement est cependant peu sûr, il nécessite des perfectionnements pour éviter l'éclatement dans l'âme du canon et les défauts de fonctionnement Ils seront réalisés non par l'auteur mais par un membre de la Commission de 1833, le lieutenant Billette. Adopté sous le nom de "Projectile Billette". Principe : trouver un moyen de faire arriver constamment les projectiles sur la fusée. Si secret que la marine adopte le projectile sans connaître son mode de fabrication et ni même tous ses effets !
Conflits entre inventeurs, nouveaux essais et, enfin, en 1839 mise en service à bord. Tellement secret que Billette réalise le montage de ses fusées lui-même et la Marine lui confie un Brick lorsqu'il faut livrer les projectiles dans un autre port que Brest. En 1847, Billette meurt sans avoir confié son secret à personne, sa veuve seule le possédait et refusait de donner connaissance de cet héritage. Ses prétentions exorbitantes ne purent être acceptées par la Marine. La fabrication des projectiles était arrêtée depuis deux ans par la maladie de Billette.
Le capitaine Bourguignon étudiera la fusée et de nouveaux essais seront entrepris et se solderont par un succès en 1848. Mais comme Bilette, cet officier garde jalousement son secret et, à sa mort en 1853, le même scénario se reproduit: son adjoint n'est pas en mesure de confectionner des mécanismes.
L'adoption de l'artillerie rayée viendra heureusement mettre fin à cette comédie. Ces projectiles valaient-ils tout le mystère que l'on établissait autour d'eux ? Probablement non, puisque les expériences montrent qu'avec un obus à fusée ordinaire, le choc détermine souvent l'explosion du projectile. Le choc détermine dans la fusée des fentes qui donnent passage à la flamme. Ainsi, les obus à fusées ordinaires sont de véritables projectiles à percussion.