Au premier plan, le bastion de la boucherie (modifié au 19e). Deux importants éléments fortifiés dominent Villefranche-de-Conflent : le fort Libéria (au centre) et la batterie intermédiaire du 19e (en haut, à droite). Un accès protégé, le « souterrain des mille marches », mène à ces deux ouvrages.

Le front nord (front du bastion de la Boucherie) dominé par la batterie intermédiaire que l’on distingue sur le flanc de la montagne. Vue prise depuis le bastion du Roi.

Sa situation au carrefour des vallées de la Têt et du Cady, sur la route menant de Cerdagne à Andorre, confère depuis longtemps une importance stratégique exceptionnelle. Après le siège de 1654 par les Français, c’est en 1668 que le Chevalier de Clerville décide de mettre la ville à l’abri d’un retour offensif des Espagnols. Aux premiers projets, jugés dispendieux par Louis XIV, se substitue simplement le relèvement des remparts détruits quelques années auparavant par les troupes françaises. Un second projet, toujours aussi ambitieux est proposé en 1669, cette fois par Vauban, mais sans plus de succès. Ce n’est qu’en 1673, alors qu’un nouveau conflit avait débuté l’année précédente, que la place prend son aspect actuel : construction de quatre bastions (Bastions du Roi, de la Reine, de la Boucherie et du Dauphin) complétés par deux demi-bastions (Bastion de Corneilla et de la Montagne). Les tours médiévales subsistantes sont intégrées au dispositif.

Cependant, lors de son inspection de 1679, Vauban juge nécessaire de compléter les fortifications de l’enceinte urbaine par quelques aménagements (une caverne fortifiée, la « Cova bastera ») et surtout par la construction d’un fort sur les hauteurs dominant la ville (l’actuel fort Liberia). Il n’est plus question d’économie de moyens et les travaux, débutés en 1680, avancent rapidement même si l’achèvement de la construction de la place forte de Mont-Louis en diminue quelque peu l’intérêt.

Sue le plan de l’architecture militaire, l’état de conservation de l’ensemble fortifié, malgré quelques aménagements du 19e, se doit d’être souligné. Les dimensions réduites de l’enceinte urbaine complétée par les vues exceptionnelles sur la ville à partir du fort Libéria (il fera l’objet d’un billet ultérieurement) permettent d’appréhender la conception architecturale d’une manière que l’on peut qualifier pour le moins d’optimale.

Le bastion de la Montagne. Outre la poterne et les échauguettes (guérites), on distingue parfaitement la présence deux deux galeries de feux d’infanterie étagées.

  1. 1.Chemin de ronde dormant une galerie de fusillade supérieure recouverte d’une magnifique charpente (flanc droit du bastion de la Montagne).

  2. 2.Galerie de fusillade inférieure, front de la porte de France.

  3. 3.Galerie de fusillade inférieure formé par une gaine crénelée aménagé dans la muraille.

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Au fond, le bastion de Corneilla depuis le bastion de la Montagne. Les tours construites antérieurement au 17e (tour du Portalet et tour du Diable) ont été intégrées dans l’ensemble fortifié conçu par Vauban.

Front de la Porte de France. Le bastion du Dauphin avec son orillon.

Autel de l’église de Villefranche-de-Conflent

Front de la Porte d’Espagne

L’ensemble constitué par l’enceinte urbaine de Villefranche-de-Conflent, le fort Libéria et la batterie intermédiaire et d’une impressionnante gaine d’accès, le «souterrain des mille marches», représente un ensemble cohérent d’une grande qualité qui mérite amplement son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco en 2008.

Passer une journée entière, en associant une visite de Villefranche-de-Conflent à celle du fort Liberia, est absolument recommandé !

Tour du Portalet (front sud)